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AGILE s’engage activement contre la 5e révision de l’AI

La 5e révision de l’assurance-invalidité n’est rien d’autre qu’une manœuvre discriminatoire pour faire des économies sur le dos des personnes handicapées. Leur organisation faîtière AGILE s’engage donc activement dans la campagne contre cette réforme qui sera vraisemblablement soumise au peuple le 17 juin, suite à l’aboutissement du référendum.

La 5e révision de l’AI s’en prend unilatéralement aux personnes handicapées en coupant dans les prestations et par des mesures répressives et discriminatoires. La priorité à la réinsertion, que les personnes handicapées souhaiteraient depuis des années voir appliquée, n’est que déclamatoire puisque aucune mesure contraignante ou incitative n’est prévue pour les employeurs. Enfin, il est inacceptable que le financement complémentaire soit repoussé à plus tard.

AGILE, organisation faîtière de l’entraide des personnes handicapées en Suisse regroupant plus de 40 organisations représentant quelque 60′000 membres, rejette donc cette réforme qui sera vraisemblablement soumise au peuple le 17 juin prochain, suite à l’aboutissement du référendum. Elle s’investira activement dans la campagne, tant financièrement qu’en termes de personnel, et participe à sa préparation au sein de la Coordination nationale contre la 5e révision de l’AI.

Pour toute information complémentaire :
AGILE, Effingerstrasse 55, CH-3008 Bern
Tel. 031/ 390 39 39 – Fax. 031/ 390 39 35

Moins de nouveaux rentiers AI…

De qui se moque-t-on?

On ne parle pas des statistiques que doivent certainement tenir les Services sociaux sur le nombre de «refusés AI» qui sont bénéficiaires de l’aide sociale.
En effet, que deviennent les personnes dont la demande de rente est refusée ou qui perdent leur droit à une rente? En sortant des statistiques de l’AI, elles n’ont plus aucun statut social: ni travailleur, ni chômeur, ni rentier.
Après des années d’attente – l’AI faisant «durer le plaisir» en espérant sans doute que le demandeur atteigne l’âge de l’AVS, décède de mort naturelle etc. – des personnes se voient refuser toute aide. Pour les experts, un refus de rente équivaut à une capacité totale à travailler. C’est alors qu’après quatre, sept voire dix ans, des habitants de notre pays, qui ont perdu leur emploi ou ne peuvent plus exercer leur profession de par leur maladie/handi­cap, reçoivent une décision négative.
Combien de personnes se retrouvent-elles dans pareille situation? Et vers quelles instances se tournent-elles? Le choix est vite fait: le chômage est souvent une illusion car, pour bénéficier d’indemnités, il faut être «apte au placement». Alors il reste la famille si le revenu est suffisant. Dans le cas contraire, la personne se voit obligée de se tourner vers les Services sociaux, sans oublier que pour bénéficier d’une aide (appelée minimum vital, et c’est vraiment le minimum!) il faut encore vider son petit compte en banque et ne posséder aucune assurance-vie, ni bien immobilier.
Ainsi, l’AI peut bien se vanter que grâce à des réformes judicieuses, le nombre de nouveaux rentiers baisse, alors qu’en fin de compte, il y a transfert de charges vers d’autres instances sociales ou vers des particuliers.

Michèle

Nouvelle rubrique: Livres sur la fibromyalgie

Nous avons ajouté une nouvelle rubrique sur le blog: Livres sur la fibromyalgie.

Sur cette page, nous vous proposons une sélection d’ouvrages traitant de la fibromyalgie. Les nouveautés seront annoncées sur le blog dès leur parution. Si vous avez d’autres titres intéressants à proposer, n’hésitez-pas à nous contacter.

Les recalés de l’invalidité… suite

Le texte du Dr Lê Quang est ô combien parlant en filigrane de la pression exercée par les assurances sociales sur les médecins. Non seulement les patients doivent être rééduqués, mais les médecins aussi! Nous trouvons inadmissible que les conclusions des médecins traitants et des spécialistes qui s’occupent rendez-vous après rendez-vous, semaine après semaine, mois après mois de leurs patients, ne soient pas prises davantage en compte et que ces mêmes conclusions soient passées par des experts de l’AI (qui voient au plus le malade pendant 2 heures par spécialité) au crible dans le seul but de les déconstruire, tout cela parce que les rentes allouées doivent absolument baisser! Les diplômes des médecins non experts des assurances sociales valent-ils moins que ceux des experts? Autrement dit les médecins non experts sont-ils des incapables? Et que fait-on de leur longue expérience avec le malade avant l’expertise? On n’en fait pas grand cas ou presque rien puisqu’on les soupçonne d’être dupés par leur malade ou d’être l’objet d’un transfert qu’il ne maîtrise pas…

Et que penser des médecins qui ont un cabinet privé et qui fonctionnent parallèlement en tant qu’experts? Comment peuvent-ils mettre entre parenthèses toute la souffrance entendue dans leur cabinet par leurs patients fibromyalgiques par exemple lors de l’acte d’expertise d’un patient inconnu, mais fibromyalgique aussi?

Les malades d’aujourd’hui, malheureusement, n’ont déjà plus les mêmes droits que les malades d’il y a 10 ans. Une nouvelle vitesse est enclenchée. Que restera-t-il comme droit aux malades dans 15 ou 20 ans à ce rythme-là? A vouloir s’en tenir à des critères uniquement objectifs, dans lesquels les malades devraient absolument entrer, qu’en advient-il de notre humanité? de l’être humain en tant qu’être unique? et donc de nos différences? Nous acheminons-nous vers une forme d’«ostracisme médical»?

Le Groupe Fibromyalgie.ch

Les recalés de l’invalidité…

vont là où les âmes errent pour l’éternité, le purgatoire des services d’aide !

Les divers articles parus dans la presse sur la chute des rentes AI prêtent à sourire, à défaut de pleurer, puisqu’il n’y a plus de larmes pour éponger les dettes de l’AI jusqu’en 2025, nous écrit-on.
Puisque le sujet est sensible et suscite des réactions émotionnelles et des partis pris, alors réagissons de manière subjective et passionnée.
C’est le propre de la psychiatrie que de s’occuper du non-savoir objectif; même si, à l’heure de sa mort, la pesée de l’âme tente d’évaluer nos bonnes et mauvaises actions.
Les psychiatres s’offusquent qu’ont leur jette la pierre, puisque les rentes pour cause psychique sont responsables du naufrage de l’AI. Soit. Mais c’est vite oubliée que 200 ans en arrière, Pinel soignait les laissés-pour-compte de la société, des incurables disait-on encore, et qu’il y a 100 ans Freud se mettait à écouter le discours hystérique qui troublait la bonne conscience des bien-pensants (autrement dit leur inconscient).
Or, la jurisprudence de la 5ème révision a ratissé large pour décréter que les douleurs chroniques, la fameuse fibromyalgie, ne relèvent pas de l’invalidité, et que toute souffrance dépressive, jusqu’à preuve du contraire, est suspecte. On appelle cela publiquement l’amplification des symptômes, pour ne pas dire carrément de la simulation.
Ainsi on atteint l’objectif de diminution des nouvelles rentes, mais à quel prix. La fréquentation quotidienne de la misère morale de mes semblables me permet de témoigner que «les recalés de l’invalidité» vont là où les âmes errent pour l’éternité, au purgatoire des services d’aide, qu’ils soient sociaux, caricatifs ou associatifs – on oublie encore trop souvent ces derniers.
Tant à parler de l’efficacité des mesures de réinsertion, la nouvelle politique proactive de l’invalidité, j’affirme que, jusqu’à présent, soit depuis le «tour de vis», je n’ai vu aucun résultat concret pour mes soignés.
Ben voyons, soit on me laisse entendre qu’il faut mieux motiver mes déprimés, ou encore, comme ils ont mal partout, alors ça ne relève pas de l’invalidité. Puisqu’il faut boire le calice jusqu’à la lie, je vis chaque refus d’entrée en matière d’invalidité comme une leçon d’humilité, j’apprends comment mieux soigner les souffrants selon les derniers critères objectifs en vigueur dont l’efficacité est prouvée.
Alors quoi pour l’avenir face à la détresse, lorsque l’on frappe à la porte du psychiatre, l’antichambre de la folie, rappelons-le? Soit la psychiatrie se replie défensivement pour ne soigner que «ses fous», comme il y a deux siècles; ainsi ne «mérite» l’invalidité que la psychose, soit au maximum 2% de la population. Soit elle continue, en dépit de l’opprobre, à élargir le champ de sa pratique à la santé mentale afin que chacun, quel que soit son handicap, puisse trouver une place et un sens dans cette existence.

Dr Duc Lê Quang
Psychiatre
La Chaux-de-fonds