Témoignage de Mél. C., 35 ans, Suisse
Je m’appelle Mél.C, je suis née en 1972 en Valais. Je vis actuellement à La Chaux-de-Fonds depuis deux ans. Je suis divorcée et mère de deux enfants, un garçon de 1996 et une fille de 1999. Je suis infirmière de profession donc la fibromyalgie ne m’est pas inconnue mais j’en avais une image péjorée du style «c’est une maladie pour les dépressifs qui ne veulent pas se bouger!»
En 2003 les douleurs musculaires ont fait leurs apparitions. A ce moment-là je faisais une formation de Wellness-trainer, et donnais un cours de gymnastique. Je faisais bien sûr plusieurs heures de sport dans la semaine. Petit à petit les douleurs m’ont forcées à diminuer mon activité, et actuellement je ne fais quasiment plus rien. Même quand je vais marcher tranquillement, le lendemain je ressens mes jambes et si je vais nager, se sont mes épaules et mes bras qui trinquent! Pourtant j’essaie de pratiquer les activités avec modération!
Mes symptômes sont: douleurs musculaires (tension extrême comme à la limite du déchirement), sensations de brûlures, douleurs péri-articulaires aux genoux, coudes, épaules, douleurs aux hanches, tension dans la nuque et les épaules, migraines fréquentes, de plus je ne digère plus rien et mon transit alterne entre la constipation et la diarrhée.
Je suis aussi tout le temps tributaire de mon humeur qui varie fortement d’un jour à l’autre. Je fais une analyse transactionnelle depuis l’automne 2004 et cela m’aide beaucoup à ne pas me laisser sombrer, malgré cela je crois qu’il y a un facteur physique qui influence mon humeur contre lequel je ne peux rien faire.
Au niveau du sommeil j’ai traversé une longue période durant laquelle je n’arrivais pas à m’endormir. Je suis toujours fatiguée sauf quelques jours par-ci par-là où tout va bien mais ça ne dure jamais… En général après le repas de midi je n’arrive plus à avancer, et je me couche pour de longues siestes. Je me réveille avec un engourdissement terrible, je me sens complètement naze…
J’ai consulté un rhumatologue en automne 2005, me décidant enfin à m’arrêter sur ces douleurs persistantes. Les examens n’ont rien donné et il m’a laissée seule avec un diagnostic de fibromyalgie effleuré du bout des lèvres.
Je pense que tout cela a été déclenché ou accentué par ma séparation fin 2002 puis le décès de mon père intervenu six mois plus tard. J’ai travaillé en thérapie et mes deuils sont faits. J’espérais que les douleurs physiques s’atténueraient avec la guérison psychique mais cela ne semble pas être le cas!
Je précise encore que je travaille actuellement à 50%, le matin uniquement. J’ai conscience de la nécessité pour moi de prendre réellement en charge mon hygiène de vie, mon alimentation etc… Mais toute seule j’ai de la peine à me motiver. Et je suis toujours freinée dans mes belles intentions par les douleurs, le moral qui flanche et le manque d’énergie! Je pense qu’il sera plus facile pour moi de me motiver avec d’autres personnes!
J’ai besoin d’un médecin et de gens qui reconnaissent cette maladie afin de ne pas m’enfermer seule avec ça. Je n’accepte pas d’avoir 35 ans et l’impression d’en avoir 70! «Et même à 70 ans il y a des personnes au home qui sont plus actives que moi!»
Merci de votre attention.
Mél.C.
Mots-clef du billet: douleurs, suisse, témoignage
Posté le: février 10th, 2007 sous Témoignages.
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